Dans le cadre du cycle de séminaires « Migrations et Luttes Sociales », Andrew Crosby est venu présenté son travail sur les centres fermés en Belgique. Vous trouvez en dessous la vidéo du séminaire réalisée par Sans-Papiers TV 

Depuis la fermeture des frontières en Europe occidentale dans les années 1970 les politiques migratoires s’inscrivent, avec le déclin de l’Etat social, dans un virage punitif et sécuritaire que connaissent bien d’autres domaines (pénologie, chômage, p.ex.). La naissance des centres fermés doit être comprise à partir de cette grille d’analyse.

Néanmoins, les acteurs qui mettent en œuvre cette politique punitive ont du, pour mieux la gérer, « humaniser » les conditions de l’enfermement parce qu’elles devenaient difficiles pour les travailleurs des centres. Cette « humanisation » a eu lieu grâce à la convergence de trois éléments : d’abord une volonté politique, suite à l’affaire Sémira Adamu et aux commissions Vermeersch, « d’humaniser » les centres ; ensuite les divergences entre membres du personnel des centres, où une majorité s’est lentement formée pour une approche plus sociale ; et
dernièrement la demande du personnel de sécurité pour des conditions de travail plus sûres. Ce dernier élément fut le catalyseur du changement.

Central dans le processus « d’humanisation » est l’autonomisation et la responsabilisation du détenu, qui à partir de ce moment est intégrer dans le fonctionnement du centre : il rempli des petites tâches récompensées et devient une source d’information potentielle : l’approche sociale amène certains à donner de l’information au personnel par rapport à des évasions, des grèves de la faim (collectives), etc. qui se préparent.

« L’humanisation » a donc renforcé le fonctionnement des centres : diminution de la violence, augmentation de l’information, incorporation du pouvoir.

Dans cette perspective, il semblerait que « l’humanisation » relève plutôt d’un discours officiel voué à l’opinion publique, que d’une vraie philosophie de gestion des centres, qui relève plutôt de la gestion du risque.

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Sans-Papiers TV
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