Texte diffusé sur le site de l’Association Culturelle Joseph Jacquemotte (ACJJ)

L’émergence de l’immigration dans le débat politique a durablement marqué le clivage partisan et constitue jusqu’à aujourd’hui une pomme de discorde tenace entre conservateurs et progressistes. Si les partis de Gauche se sont tous peu ou prou ralliés à la défense des personnes migrantes, leurs évolutions particulières ont parfois modifié de façon significative leur rapport à ces dernières.

Sujet de société sensible s’il en est, l’immigration divise la Gauche. Généralement endossé, au nom de l’unité ouvrière ou comme symbole du rapport aux plus précaires, le combat pour les droits des sans-papiers et demandeurs d’asile n’a pas toujours fait l’unanimité chez les progressistes. Dans un contexte de mondialisation et de crise économique, la crainte inspirée par les migrants a parfois suscité des réactions de rejet chez les travailleurs nationaux. Les partis ouvriers n’ont pas toujours pu ou voulu y offrir de réponse universaliste fondée sur l’intégration et l’extension des droits. Cette hostilité croissante dans les pays occidentaux[1] a ainsi conduit de nombreux gouvernements à participation social-démocrate ou écologiste à accompagner une gestion restrictive et sécuritaire des questions migratoires. Moins confrontée à la perspective d’exercer le pouvoir, la gauche radicale n’est pas pour autant vaccinée une fois pour toutes contre les dérives démagogiques[2].

La montée en puissance des discours populistes de droite a ainsi généré chez la Gauche trois types de réponses, qui peuvent se côtoyer dans des proportions variables : a) la confrontation, qui vise à opposer au discours xénophobe une attitude de défense des migrants fondée sur des valeurs ; b) l’évitement, qui consiste à éluder les thématiques sensibles liées à l’immigration, sans toutefois adopter une plate-forme programmatique hostile aux migrants ; c) le suivisme, selon lequel la Gauche, emboitant le pas à la Droite, adopte un discours et/ou met en place des politiques hostiles aux nouveaux arrivants. En contribuant à légitimer le discours xénophobe, cette dernière stratégie renforce le consensus autour d’une gestion sécuritaire des flux comme unique horizon possible[3].

Il s’agira ici d’analyser le rapport qu’entretiennent avec l’immigration trois familles politiques se réclamant de la Gauche en Belgique francophone, et qui présentent chacune l’intérêt d’occuper une position spécifique par rapport au pouvoir : la social-démocratie incarnée par le Parti socialiste, actuellement à la tête d’une coalition qui gère cette question d’une façon particulièrement intransigeante. L’écologie politique représentée par Ecolo, leader de l’opposition parlementaire francophone au niveau national. Enfin, la Gauche radicale que l’absence de l’arène parlementaire cantonne surtout à l’action sur le terrain.

Parti socialiste : de la confrontation…

La thématique migratoire s’impose comme enjeu politique à partir des années 1970. Parfois perçus comme les pions de la stratégie patronale de moins-disant salarial, les migrants sont progressivement associés à la figure du prolétaire à mesure qu’ils se sédentarisent. Premier parti ouvrier, le PS se montre réceptif aux revendications, relayées par le monde syndical et associatif[4], pour une amélioration de leur condition et de leurs droits politiques. La décennie 1980 fut marquée par les performances électorales réalisées par l’extrême droite grâce à une rhétorique anti-immigré. Alors que les partis situés à la droite de l’échiquier politique[5] cédaient à la tentation xénophobe, le PS, conserva un programme et un discours favorable aux migrants, non sans susciter quelques remous internes. À Bruxelles, ville particulièrement concernée par l’immigration, la question du droit de vote des étrangers aux élections locales s’est révélée particulièrement clivante, et a suscité l’opposition parfois virulente de militants et de ténors locaux[6].

Si ce positionnement s’est révélé payant a posteriori, nombre d’étrangers naturalisés ou bénéficiant du droit de vote s’étant tournés vers le PS, la perspective d’un nouveau réservoir de voix n’a vraisemblablement pas été déterminantes dans son choix. Il semble au contraire que l’électoralisme se soit trouvé du côté des opposants à l’octroi de nouveaux droits pour les étrangers, inquiets qu’ils étaient de voir s’éroder leur électorat ouvrier traditionnel[7]. « Il y avait une réelle volonté de défendre les catégories précaires que constituent les migrants, et un souci de rester fidèles à nos valeurs de solidarité », se souvient la députée bruxelloise Sfia Bouarfa.

Bien que la crainte que l’évocation des questions migratoires ne gonfle les scores d’une extrême droite en progression constante ait concerné l’ensemble du spectre partisan durant les années 1990, les prises de position du PS émises durant cette période s’inscrivent résolument dans le paradigme de la confrontation[8]. Le refus du parti de désinvestir la question, conjugué à une baisse des crispations identitaires dans l’opinion publique et à l’assouplissement de la position des libéraux permirent au Parti socialiste d’obtenir une série d’avancées : le droit de vote des étrangers en 1998 sous le gouvernement Dehaene, ou encore la facilitation de l’accès à la nationalité et la grande vague de régularisation de 2000, obtenus sous le gouvernement Verhofstadt I, notamment grâce aux impulsions données par les partenaires écologistes (v.infra).

À mesure que les formations de droite se radicalisaient, les gouvernements suivants se sont orientés vers une gestion essentiellement répressive de l’immigration, de plus en plus contradictoire avec le programme du PS. En dépit de ce décalage, on notera une certaine constance dans le discours du parti, qui n’hésite pas à affronter ouvertement les ministres chargés d’appliquer les accords de gouvernement sur l’asile et l’immigration[9]. Même impliqué de plain-pied dans des politiques rétrogrades, le PS reste, formellement, dans le paradigme de la confrontation.

… au silence complice.

La législature entamée à la suite des élections de juin 2010 marque une nette rupture. Bien qu’arrivée en tête, la famille socialiste doit faire face à un âpre round de négociations avec des formations de droites : dans la plupart des domaines, il n’est désormais plus question de nouvelles conquêtes, mais de sauver les meubles. Dans un contexte d’« Europe forteresse » et d’une opinion publique de plus en plus hostile aux étrangers[10], l’asile et l’immigration sont condamnés à être, pour le PS, les parents pauvres de l’accord de gouvernement. Son président Elio Di Rupo, qui prend la tête de la coalition socialiste-libérale-démocrate chrétienne est ainsi amené à appliquer une politique dont les accents essentiellement répressifs tranchent avec le programme avec lequel le PS s’était présenté devant les électeurs[11].

L’évolution la plus notable est sans doute le silence avec lequel les membres socialistes du gouvernement ont accompagné la « guerre aux migrants » menée par la nouvelle secrétaire d’État à l’Asile et à l’Immigration Maggie De Block (Open Vld, libéraux flamands). Les mesures prises à l’encontre des sans-papiers et demandeurs d’asile, qui firent l’objet de fréquentes passes d’armes lors de précédentes coalitions, ne suscitent désormais que peu de réactions publiques chez les socialistes. Fait inédit, certains de ses éminents membres[12] sont allés jusqu’à féliciter la secrétaire d’État pour sa gestion de l’asile, légitimant par là son credo de « fermeté et d’humanité », contradiction dans les termes tant décriée par les associations[13]. Les interpellations parlementaires sur l’excès de zèle du gouvernement sur cette question se font quant à elles beaucoup plus rares que par le passé.

Si l’ampleur prise par l’épreuve de force engagée par le mouvement des demandeurs d’asile afghans[14] a permis d’exacerber le malaise au point d’inscrire cette question à l’agenda gouvernemental, les évolutions sur ce dossier se font toujours attendre. Face aux critiques, le parti, qui dit partager les préoccupations des afghans, évoque ses efforts pour infléchir sur une base plus progressiste la politique migratoire actuellement menée, qu’une confrontation directe sur ce sujet pourrait réduire à néant. « L’hypermédiatisation de tels sujets n’a jamais permis d’obtenir une issue favorable aux individus concernés », répond ainsi le président du Parti socialiste Paul Magnette au courrier d’une citoyenne inquiète de la multiplication des expulsions vers l’Afghanistan[15]. La poursuite jusqu’à l’absurde de l’intransigeance de la Secrétaire d’Etat permet jusqu’à présent de douter de l’efficacité de ce travail en coulisse. Les maigres avancées obtenues semblent, au contraire, provenir des actions sur le terrain, niveau largement désinvesti par le Parti, en dehors de quelques organisations qui gravitent dans son giron et de personnalités en rupture avec son État-major[16].

Cet ancrage dans le paradigme de l’évitement, qui peut interpeller au regard des valeurs par ailleurs prônées par le parti, prend sens d’un point de vue politique. Dans le contexte d’une perception globalement négative de l’immigration, le soutien ouvert aux personnes migrantes est jugé incompatible avec la volonté du PS de rester incontournable au soir des élections du 29 mai 2014. Le relatif désintérêt manifesté pour le respect des droits des sans-papiers et demandeurs d’asile est en revanche jugé peu pénalisant chez l’électorat progressiste, en dépit de l’embarras qu’il suscite chez les mandataires et militants socialistes. Le parti semble par ailleurs avoir pris acte de la radicalité de l’opinion publique au nord du pays et de l’utilité de la stratégie de Maggie De Block pour couper l’herbe sous le pied des nationalistes flamands de la N-VA, qui cristallisent une part croissante du vote antisystème en Flandre.

Une question centrale pour Ecolo.

Pour des raisons tant politiques qu’idéologiques[17], les Ecologistes Confédérés pour l’Organisation de Luttes Originales (Ecolo) sont longtemps restés rétifs à l’idée de se situer sur le clivage gauche-droite. Le combat pour les droits des migrants fait cependant partie des « Luttes Originales » qu’ils entendent organiser. Après avoir obtenu ses premiers élus en 1981, le parti s’oriente ainsi très tôt dans la défense des droits des sans-papiers et demandeurs d’asile. Les positions défendues par le parti sont d’emblée audacieuses : droit de vote et d’éligibilité aux élections communales des étrangers résidents en Belgique depuis 5 ans, accès facilité à la naturalisation pour ceux qui le souhaiteraient au terme de cette même période, etc.

 Bien que ces revendications fussent également portées par la Gauche de la Gauche, la disparition des derniers élus communistes à la Chambre et au Sénat en 1985 laissera les coudées franches aux écologistes pour les incarner au niveau parlementaire. La formation, qui n’a jamais été un parti de masse capable d’actions significatives sur le terrain s’est progressivement spécialisée dans la contestation d’une politique migratoire sécuritaire et restrictive au sein de l’institution législative. L’implication du PS dans l’actuel durcissement de la politique migratoire a notamment permis aux élus Ecolo de se distinguer par leur activisme à son encontre, en particulier sur l’emblématique dossier des demandeurs d’asile afghans.

Si les verts conservent un programme globalement plus ambitieux que celui de leur aîné à la « gauche de gouvernement », le projet politique des deux partis sur cette question est en de nombreux points similaires[18]. Leurs fondements théoriques divergent toutefois sur plusieurs points. À la différence du PS, né dans le contexte de la société industrielle sur le versant « travailleur » du clivage socio-économique, Ecolo prend ses racines dans les combats post-matérialistes nés dans la foulée de mai 68. Alors que les « rouges » perçoivent davantage l’immigration dans une optique de classe, les verts fondent leur solidarité avec les migrants sur une base de droits individuels. « Ils accordent de fait une plus grande importance relative aux questions migratoires, qui impliquent une moindre disposition à transiger sur le droit des étrangers » note le politologue Jean-Benoît Pillet. Cette centralité a joué un grand rôle dans les avancées obtenues lors de leur unique participation au pouvoir de 1999 à 2003, mais n’a toutefois pas empêché le parti de sacrifier, comme le PS, d’importants points de son programme concernant l’immigration[19].

En dépit de la cohérence de ses positions avant-gardistes sur le sujet, le parti, qui dispose d’un faible ancrage local, peine à en tirer des bénéfices électoraux. L’ambiance est au repli sur soi, et les discours démagogiques anti-immigrés sont beaucoup plus facilement audibles à travers les canaux médiatiques traditionnels que la posture de défense des migrants, qui nécessite une pédagogie de longue haleine et est souvent caricaturée comme ignorantes des préoccupations des classes populaires. Des études internes du parti montrent d’ailleurs que le sujet constitue régulièrement, avec le nucléaire, l’un des principaux points de clivages de sa base électorale.

Pas question toutefois, selon la députée fédérale Zoé Genot, de transiger sur les valeurs. « Le soutien aux personnes migrantes est tellement consubstantiel à l’identité du parti qu’il ne serait pas envisageable d’opérer une rupture sur ce point ». On peut constater que le retour progressif à une position d’équidistance entre la droite et la gauche qui a suivi la défaite électorale de 2003 n’a pas conduit à des modifications substantielles de son programme sur l’immigration. Un signe que le sujet ne constituera pas, à brève échéance, la future variable d’ajustement d’un repositionnement stratégique futur d’Ecolo.

Une question de classe.

La prétention de la Gauche de la Gauche à assumer un combat anticapitaliste abandonné par la social-démocratie a longtemps fait obstacle à une prise en compte des questions de société dont la liaison avec le conflit social n’était pas évidente. Parmi celles-ci: l’immigration. L’aspect secondaire accordé à ces questions avant les années 1970 n’a toutefois pas empêché le mouvement communiste d’adopter, au nom de l’internationalisme prolétarien, une politique d’ouverture en avance sur son époque : ignorés par les partis traditionnels, les travailleurs étrangers sont très tôt soutenus par le Parti communiste de Belgique, qui se fit notamment le relai des revendications des étrangers travaillant dans les charbonnages, et aida à leur organisation politique[20].

L’ancrage durable de l’immigration dans la société belge, et, surtout la montée électorale de l’extrême droite et la propagation de ses idées xénophobes vont conduire la Gauche radicale, dans toute sa diversité, à accorder une plus grande place à cette question. Perçu comme une arme de division des travailleurs qui les détournerait des antagonismes les opposant au patronat, le discours anti-immigré est alors combattu avec fermeté. La position des partis d’inspirations communistes sur cette question consiste depuis à prôner la régularisation des sans-papiers et l’octroi des mêmes droits économiques et sociaux qu’aux travailleurs nationaux, avec l’idée plus ou moins présente de lutter contre le travail informel[21]. Depuis la perte de la représentation parlementaire des communistes, le soutien aux migrants se manifeste surtout à travers les actions de terrain et les initiatives en direction de la société civile. Certaines d’entre elles, comme le réseau antifasciste Blokbuster créé par le Parti socialiste de Lutte (PSL), et surtout la pétition « Objectif 479.917 »[22] initiée par le Parti du Travail de Belgique (PTB) ont pris une ampleur inattendue.

 La faiblesse structurelle de la Gauche radicale en Belgique la condamne toutefois à une audience souvent confidentielle, rendant par là ses revendications inaudibles hors des sphères militantes. Les récentes performances du PTB, qui augurent un possible retour de la Gauche radicale au Parlement lors des élections fédérales de 2014, seraient dès lors susceptibles de permettre de faire entendre à un échelon supérieur la voix des migrants, dans une perspective davantage axée sur la lutte des classes. En pointe sur la défense des revendications des sans-papiers et demandeurs d’asile, le programme du parti trouve une expression pratique à travers les actions concrètes de soutien aux migrants, notamment à travers son mouvement de jeunesse, Comac. « Il s’agit d’une part de préserver l’unité de la classe ouvrière, et d’autre part d’apporter des réponses spécifiques aux problèmes rencontrés par les migrants », explique Riet Dhont, responsable du PTB active dans le comité de soutien belge aux demandeurs d’asile afghans.

La vocation hégémonique du parti et, corolaire, son souci d’inscrire sa communication « au cœur des préoccupations des gens » pourrait toutefois le conduire à l’avenir à tempérer ses revendications en faveur des immigrés. La stratégie électorale du PTB consiste en effet à « adapter la communication pour gagner les cœurs et les esprits »[23]. La grande enquête réalisée à l’échelle du pays par le parti en vue de définir les priorités pour les élections de 2014 s’y inscrit parfaitement, puisque c’est sur base de ses résultats que le thème de la pauvreté fut choisi comme fer de lance de la future campagne[24].

Si la rigidité programmatique du parti marxiste-léniniste le préserve d’un revirement d’ampleur sur les thématiques migratoires, un renforcement de la xénophobie dans l’opinion pourrait conduire le PTB à délaisser ce combat pour glisser progressivement vers une stratégie de l’évitement. Signe avant-coureur : la liste des priorités que la grande enquête préélectorale demandait aux répondants de classer par ordre d’importance, qui comportait des sujets aussi divers que la justice, la paix ou la propreté ne comportait aucune mention directement liée à l’immigration.

Le soutien aux migrants, un marqueur pour la Gauche.

Ce tour d’horizon montre qu’en dépit de leurs différences, les formations qui se revendiquent de la Gauche conservent une matrice commune dans leur façon d’aborder la question de l’immigration. Elle se fonde sur une conception non exclusive de la solidarité et de la citoyenneté, dont la vocation universaliste diverge fondamentalement du nouveau discours socialisant d’une certaine extrême droite, de type Front national français. En cela, le rapport à l’immigration, loin d’être une question secondaire, constitue l’un des facteurs qui permettent de sonder la cohérence d’un projet progressiste.

Le réel danger ne consiste pas tant en Belgique en un ralliement de la Gauche aux idées xénophobes et à une conception sécuritaire de l’immigration qu’en une perte en centralité du projet de défense des migrants. La propension du PS à brader son programme migratoire une fois au pouvoir montre en effet que les régressions en terme de droits pour les migrants ne dépendent pas tant du désinvestissement de ces questions par les progressistes que de leur surinvestissement par les conservateurs. Ces derniers accordent une grande importance au fait d’envoyer des gages de fermeté aux franges les plus xénophobes de leur électorat.

Commode en ce qu’elle permet de garder bonne conscience sans entraîner de retombées électorales négatives, la posture de l’évitement ne diverge pas sensiblement du suivisme à l’égard du discours d’extrême droite : tant l’absence d’affrontement avec elle que l’embrassement de ses idées contribuent à la renforcer. Pour éviter sa disqualification en tant qu’acteur potentiel d’un changement progressiste, la Gauche ne pourra manquer de s’inscrire résolument dans le paradigme de la confrontation. Elle devra pour cela abandonner une fois pour toutes les faux-fuyants, porter haut et fort les revendications des étrangers là où elle le peut, et développer une pédagogie à même de les rendre audibles pour le grand public. Il en va de sa crédibilité en tant que relai naturel des couches les plus précarisées de la population.

[1] « À quoi est dû le sentiment anti-immigration ? », 14 Janvier 2014, irinnews.org

[2] Comme l’illustre les prises de positions du Parti Socialiste néerlandais et du Parti Populaire Socialiste danois pour un renforcement des contrôles des flux migratoires, respectivement sous la pression des partis populistes de droite PVV (Parti pour la liberté) et du DF (Parti du Peuple Danois).

[3] Keith, Daniel et McGowan, Francis, « The Radical Left and the Politics of Migration Since the Crisis: Resilient or Acquiescent in the face of the Radical Right? » 17 mai 2013, academia.eu

[4] Notamment à travers la coordination « objectif 82 » (future « Démocratie Plus »).

[5] On peut penser au PRL (Parti Réformateur Libéral), ancêtre du MR, qui accueillit dans ses rangs Roger Nols, exclu du FDF (Fédéralistes Démocrates Francophones) pour des propos racistes proférés à répétition, et qui légitima les thématiques xénophobes en en faisant leur figure de proue durant toute la décennie. Plusieurs mandataires bruxellois du FDF s’illustrèrent également par des saillies contre la population étrangère à Bruxelles. Delwit, Pascal et De Waele, Jean-Michel, « Les partis politiques et la montée de l’extrême droite en communauté française de Belgique », p. 229-230, in Delwit, Pascal (dir.), « L’extrême-droite en France et en Belgique », Complexe, 1998, Bruxelles.

[6]Delwit, Pascal, loc.cit. p.230

[7] Lambert, Pierre-Yves, « Lettre ouverte aux dirigeants de la Fédération bruxelloise du PS », 26 juin 1987, suffrage-universel.be

[8] Delwit, Pascal, loc.cit., p. 234.

[9] Voire la réaction des socialistes suite à la tentation du ministre de l’intérieur Patrick Dewael de s’inspirer du modèle migratoire danois, adopté avec le soutien de l’extrême-droite. Martin, Pascal, « Un modèle danois pour Dewael? », Le Soir,  10 février 2005. Lire aussi la réaction des socialistes suite à la réticence de la secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration  Annemie Turtleboom à appliquer l’accord de gouvernement concernant les critères de régularisation des sans-papiers. Communiqué du PS, « Régularisation des sans-papiers », 19 juin 2009, ps.be

[10] Royen, Marie-Cécile, « Immigration : 72% des Belges la jugent négative », 5 septembre 2011, levif.be

[11] Programme du Parti Socialiste pour les fédérales de 2010, « Un pays stable, des emplois durables », pp 119-122.

[12] Laporte, Christian, « Réunir le PS et la N-VA ? Magnette en doute », 14 octobre 2013

[13] Pour un plus long développement des mesures prises par le gouvernement Di Rupo, lire notre précédente analyse : « La Méthode De Block ou la fermeté déshumanisante », novembre 2013, acjj.be

[14] On peut notamment penser aux marches vers Gand et Mons, qui a également conduit les médias, naguère acquis à la cause de la Secrétaire d’Etat, à changer leur fusil d’épaule.

[15] Guerrini, Pierre, « Afghans ! Le président du PS belge réclame de la discrétion médiatique », 25 janvier 2014, blogs.mediapart.fr

[16] Voire notamment les critiques récurrentes adressées par Philippe Moureaux aux mandataires socialistes, jugés trop complaisant à l’égard de la secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration. Buxant, Martin, « Moureaux révolté par son propre camp », 9 janvier 2014, L’Echo. Sur le terrain, on notera les visites régulières de Sfia Bouarfa à l’église du béguinage occupé par le mouvement des demandeurs d’asiles afghans.

[17] Au niveau politique, il s’agissait surtout de ne pas s’inféoder au PS et de ne pas se couper de partenaires potentiels de gouvernement. Le rapport qu’entretenait à ses débuts le parti à l’étatisme et au productivisme l’éloignait par ailleurs des positions de la gauche socio-économique.

[18] A titre d’exemple, les socialistes francophones veulent que la détention des illégaux soit le dernier recours, sans exiger la fermeture des centres fermés – dont le recours a été consacré lorsque leurs homologues flamands occupaient le ministère de l’intérieur en 1996 –  revendication portée de longue date par les écologistes.

[19] Programme d’Ecolo 2003-2004 – Immigration et citoyenneté.

[20] Jacques Moins, « La spécificité belge », Actes de la Journée consacrée aux partis communistes étrangers en Belgique, p. 3,  carcob.be

[21] Principale objection des syndicats à leur ralliement au principe de liberté de circulation, la nécessité d’une égalité des conditions de travail et de rémunération n’est pas systématiquement présente dans les programmes des partis de Gauche radicale.

[22] Renette, Eric, « Objectif 479917, l’antifascisme en marche », Le Soir, 11 juin 1994

[23] Documents du huitième congrès du PTB, « un parti souple », 2 mars 2008, p.76

[24] « Élections 2014: le PTB placera la pauvreté au centre de sa campagne », 21 janvier 2014, lesoir.be

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